Lord Stern : devenir végétarien pour lutter contre le réchauffement
climatiqueL'une des plus influentes autorités sur le réchauffement climatique dénonce
les effets de l'élevage animal. Il estime également que le monde a "
désespérément besoin " de la participation de Barack Obama au sommet de
Copenhague.
DE NOTRE CORRESPONDANT A LONDRES
Manger de la viande va-t-il devenir socialement inacceptable ? Nicholas
Stern, l'auteur, en 2006, d'un des plus influents rapports sur le changement
climatique et autorité sur ces questions, n'est pas loin de le penser. Un
peu comme vis-à-vis des automobilistes en état d'ivresse, notre tolérance
vis-à-vis de ceux qui ne s'orientent pas vers un régime végétarien va
diminuer au cours des prochaines années, compte tenu des conséquences pour
la planète de l'élevage d'animaux, explique ce Lord britannique dans une
interview au " Times " de Londres.
" La viande entraîne un gaspi d'eau et crée beaucoup de gaz à effets de
serre. Elle exerce une pression considérable sur les ressources de la
planète. Un régime végétarien est bien meilleur, " explique Lord Stern.
Le méthane, en grande quantité dans les flatulences des vaches et des
cochons, aurait un impact sur l'effet de serre 23 fois plus puissant que le
carbone. Selon les Nations Unies, la production de viande serait également
responsable de 18 % des émissions de carbones si l'on inclut les gaz émis
par toute la chaîne des fermes d'élevages à la production de nourriture pour
les animaux, écrit le " Times ".
Les éleveurs britanniques ont accueilli froidement les propos de Lord Stern.
Un membre du Syndicat national des paysans (NFU) a estimé que " devenir
végétarien n'était pas la solution dont le monde a besoin. " Les paysans
veulent des " politiques basées sur des preuves ", a-t-il ajouté. Hier, les
sceptiques face au rôle de l'homme dans le réchauffement climatique n'ont
pas tardé à voir dans les propos de Stern la preuve de l'" hystérie " des
leaders du mouvement mettant en garde contre l'effet de serre.
Cependant pour Lord Turner, qui ne se définit pas comme strictement
végétarien, un accord au sommet de Copenhague du 7 au 13 décembre prochain
s'accompagnerait d'une forte augmentation des coûts de production de la
viande et des autres denrées générant des gaz à effets de serre. L'émergence
des classes moyennes indiennes et chinoises accroît fortement la demande de
viande sur la terre.
Ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et professeur à la London
School of Economics, Lord Turner estime par ailleurs que le monde a "
désespérément besoin " de la participation de Barack Obama à Copenhague. "
Son leadership pourrait faire une différence énorme " sur ces questions,
selon lui. Pour l'instant, la présence de Barack Obama n'est pas assurée car
les chances d'un accord substantiel à Copenhague sont jugées faibles. Les
opinions publiques n'ont pas encore compris l'urgence du problème du
réchauffement climatique, déplore Lord Stern.
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"L'Homme meurt, l'Animal périt" Heidegger