ARNELAE'S PLACE

Végéta*isme, Ecologie, Beauté & Santé, Vitamine B12, Protection & Lutte Animales, Débats...
 
AccueilAccueil  PortailPortail  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 Vacances au pays perdu

Aller en bas 
AuteurMessage
arnelae
Administratrice
Administratrice
arnelae

Féminin
Nombre de messages : 18670
Age : 43
Localisation : Bassin d'Arcachon
Date d'inscription : 02/03/2005

Vacances au pays perdu Empty
MessageSujet: Vacances au pays perdu   Vacances au pays perdu EmptyMar 26 Aoû - 0:20

Avant la Chute

Vacances au pays perdu

Philippe Ségur - Buchet Chastel 2008 / 18 E - 117.9 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2283022603
FORMAT : 14X20 cm
Date de parution : 15/08/2008.


Il est aujourd'hui de bon ton d'avoir quelques préoccupations en
matière d'environnement, si l'on ne veut pas passer pour un rustre
inconscient. On coupe l'eau pendant qu'on se brosse les dents et l'on évite
de jeter la carcasse de poulet dans la poubelle à couvercle jaune. Les plus
courageux iront même jusqu'à préférer les steaks de soja au dit-poulet ; ce
n'est pas le héros de Vacance au pays perdu qui les contredira. «Végétarien
de stricte obédience, client d'un homéopathe de réputation régionale,
adhérent à trois associations de protection de l'environnement», il est pris
de nausées devant les implications peu ragoûtantes de son métier de
graphiste publicitaire : c'est à lui que revient la tâche de convaincre des
millions de familles de se gaver de «thon au mercure, de mayonnaise à la
dioxine, d'oeufs bourrés de pesticides» (p.10).
Pour mettre fin à une schizophrénie pareille, il est nécessaire de
frapper un grand coup : il pourrait songer comme le premier écologiste venu
à faire fonctionner la maison à l'énergie solaire, ou bien décider de ne
plus utiliser que du papier toilette recyclé. Mais non, il va beaucoup plus
loin. Et, en fait d'horizons extrêmes, c'est même en Albanie qu'il choisit
de s'exiler, ravi par les mots «désastre touristique» associés à Tirana et
ses environs par le moteur de recherche auquel il a confié son désir de
rompre avec le système. Exil pour une semaine, trajet compris.
Le voyage épique, les paysages exotiques (comprendre : semés de
gravats), les autochtones au charme très... autochtone, le dépaysement
absolu est à portée de main ; «[son] cricri» est à ses côtés pour faire face
à tous les imprévus, qu'ils soient de nature culinaire (comment découvrir la
nature des tabous qui régissent la consommation du fameux byrek ?),
linguistique (puisqu'il faut bien le dire, la façon la plus évidente pour un
Albanais de montrer son refus total de communiquer, c'est bien de ne pas
parler espagnol) ou touristiques (mais attention, qu'on ne s'imagine pas
pour autant qu'il est possible de les plumer sans qu'ils s'en aperçoivent).
Il suffisait finalement d'abandonner femme et enfants durant quelques jours
pour trouver la clé de l'Eden, forcer la porte d'un monde beau comme avant
la Chute (du stalinisme?).
Néanmoins, point trop n'en faut et les kilomètres qui séparent le
narrateur de son homéopathe commencent à se faire sentir. Avouons-le, nous
sommes sans doute déjà trop corrompus par la civilisation pour opérer sans
risque un retour gagnant au Paradis terrestre. Et puis si même en Albanie on
écoute du rap... Où va-t-on, je vous le demande ? Heureusement qu'il y a les
Albanaises et leurs défilés quotidiens.
Usant et abusant sans complexe d'un humour souvent considéré,
peut-être à tort, comme glissant parce qu'il se joue des habitudes bizarres
des étrangers, Vacance au pays perdu exploite avec réussite ce filon,
évoquant par moments très nettement le film Borat, en négatif. En effet,
Philippe Ségur se moque tout autant de ses héros burlesques que des
Albanais. C'est plutôt la question de l'adaptation des uns à la culture des
autres qui l'amuse et la critique est féroce à l'égard du consumérisme, mais
aussi de sa réplique bourrée de bons sentiments, l'écologisme bobo.
Pour cette raison, la mise au point finale n'était peut-être pas
nécessaire. L'auteur préfère dans les dernières pages expliquer que
l'Albanie est un pays charmant, absolument pas ridicule, et durement éprouvé
par divers phénomènes violents au cours des décennies passées. Or cette
approche est non seulement très journalistique, mais aussi inutile.
L'ouvrage aurait gagné en cohérence à s'achever par des éclats de rire, sans
que cela ne nuise pour autant à une réflexion personnelle sur le sort de ce
tout petit pays oublié.

Aurore Lesage
( Mis en ligne le 22/08/2008 )

Source

_________________
[url=Vacances au pays perdu Ibbrp1
 Vacances au pays perdu 4ITHp1

 

"L'Homme meurt, l'Animal périt" Heidegger
Revenir en haut Aller en bas
http://againstsuffering.over-blog.com/
 
Vacances au pays perdu
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La météo à temps perdu
» J'ai perdu ma foi et je le vis mal
» pour mon fils de 22 ans, perdu dans la vie
» Le Pays PLIN (N)
» Le PPSPQC : Pain Pas Si Perdu Que Ca (VGL)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ARNELAE'S PLACE :: VEGETA*ISME & VEGANISME :: VEGANISME AU QUOTIDIEN :: Presse Verte-
Sauter vers: